Bonaparte, pris à parti par les Cinq-Cents le 18 Brumaire
parvient, grâce à son frère Lucien, à faire légitimer le coup d'Etat.





    "Foutez-moi tout ce monde-là dehors !" ; à ce cri, les grenadiers fidèles à Bonaparte dispersent les députés. Le coup d'Etat militaire des 18-19 Brumaire sonne le glas de la République, profitant de la désaffection d'une opinion lasse de l'impuissance du régime...

    1799 est l'année de tous les périls pour le Directoire placé à la tête de la République. En mars se forme la deuxième coalition européenne contre la France, lancée dans une interminable et aventureuse guerre de conquête, jusqu'en en Egypte. En juin, les élections donnent la victoire à une nouvelle majorité jacobine, qui en profite pour écarter les anciens Directeurs : c'est le coup d'Etat de prairial an VII. Face au péril extérieur, les nouveaux dirigeants prennent des mesures exceptionnelles de salut public : revoilà les réquisitions, la levée en masse, l'emprunt forcé, comme en l'an II. L'opinion s'effraie de ces mesures jacobines. Lasse de tant d'années d'incertitudes et de combats, elle se détache d'un régime qui provoque un coup d'Etat chaque année. Les bourgeois libéraux eux-mêmes souhaitent le remplacer par un régime fort qui leur garantisse les conquêtes de la Révolution, qui préserve l'ordre et la propriété et puisse terminer la guerre victorieusement.



    Accueilli par une acclamation générale, Bonaparte, après avoir traversé la France, rentrait, le 24 vendémiaire, dans son hôtel de la rue de la Victoire. Tous les partis vinrent à lui ; mais, se proclamant "national", son rêve était d'être porté par tous au pouvoir. Après trois semaines de conversations, le plan était dressé d'une révolution qui substituerait au Directoire un gouvernement plus "resserré" dont le général ferait partie. Le 18 Brumaire, dès l'aube, les Anciens, hâtivement convoqués dans la nuit, et à qui un complot anarchiste était dénoncé, déféraient, comme entrée de jeu, le commandement des troupes de Paris à Bonaparte et , dans la crainte affichée d'une émeute, transféraient à Saint-Cloud le Corps législatif. Sieyès et Ducos donnaient leur démission ; Talleyrand obtenait de Barras, surpris par l'évènement, qu'il signât la sienne. Le Directoire, ainsi, s'écroulait. Mais on avait compté sans la résistance de l'extrême gauche des Cinq-Cents qui, la veille encore, faisait la loi. Quand, le 19, les Conseils furent réunis à Saint-Cloud, cette extrême gauche se trouva enhardie par le flottement qui parut, au premier abord, se produire au sein même des partis favorables. Lorsque Bonaparte, impatient d'obtenir une conclusion, se présentera à l'Orangerie du château où les Cinq-Cents, il y fut accueilli par les clameurs violentes des députés "anarchistes" qui, tout aussitôt, se portant contre lui, l'assaillirent violemment. Quelques grenadiers le tirèrent de la salle. Essayant de profiter du désarroi de l'assemblée, la minorité extrémiste proposa "la mise hors la loi". Il fallait, pour réduire cette minorité audacieuse, recourir à la force. Sur la réquisition de Lucien Bonaparte, président des Cinq-Cents, les grenadiers du Corps législatif pénétrèrent, avec les soldats, dans la salle d'où, par les fenêtres assez basses, cent députés s'évadaient en mauvais arroi. On en recueillit assez pour réformer une assemblée réduite qui, unie aux Anciens, procéda à l'installation d'un Consulat formé de trois hommes : en attendant le vote d'une nouvelle constitution, ils généraient provisoirement l'Etat ; Bonaparte, Sieyès et Ducos furent proclamés consuls provisoires (10 novembre 1799).

   "La Révolution est fixée aux principes qui l'ont commandée ; elle est finie."


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