La campagne d'Egypte, mené par le jeune général Bonaparte,
est un chef-d'oeuvre.





    A la fin du XVIII ème siècle, et pour la première fois depuis la campagne d'Alexandre le Grand en Asie (330-325 avant J.-C.), une armée s'aventure dans un pays à conquérir avec une nombreuse équipe de savants. La décision d'emmener des scientifiques en Egypte revient au chef de l'expédition, qui n'est autre que le général Bonaparte...


    Après la paix de Campoformio en 1797, la France n'est plus en guerre qu'avec l'Angleterre. Ayant conclu à l'impossibilité d'un débarquement, Bonaparte, qui a été nommé général en chef de l'armée d'Angleterre, propose, avec Talleyrand, de porter la guerre en Egypte : cela permettra de couper la route de l'Inde aux Anglais et de s'assurer le contrôle de la mer Rouge. C'est le général Bonaparte qui est chargé de l'expédition. Militairement, celle-ci s'avérera magnifique du temps de Bonaparte, mais malheureusement dramatique après le départ de ce dernier : en septembre 1801, l'armée française, alors commandée par le général Menou, se rend aux Anglais ; ceux-ci rapatrient le corps expéditionnaire, les savants et leurs documents. Sur le plan scientifique, en revanche, l'expédition est une belle réussite.


  

     L'équipe de savants découvre l'Egypte dans des conditions difficiles et souvent dangereuses. Il leur est impossible de circuler seuls dans ce pays en guerre. Que ce soit dans le Delta, dans la vallée du Nil ou dans les déserts, ces hommes sont contraints de suivre les soldats. Il n'est pas rare qu'ils aient à refermer brusquement leurs portefeuilles de dessins pour s'enfuir. Dès octobre 1798, le diplomate et administrateur Dominique Vivant Denon parcourt le pays avec l'armée du général Desaix qui poursuit les troupes ennemies. Il est le premier membre de l'expédition à publier un récit de l'aventure égyptienne. Celui-ci s'accompagne de dessins des monuments antiques, mais ces reproductions sont entièrement dépourvus de prétention scientifique. Il n'en va pas de même des planches gravées de la Description de l'Egypte. Les relevés soigneux qui sont à l'origine de ces illustrations sont dus, pour la plupart, à deux jeunes gens, Prosper Jollos et Edouard Devilliers. Ces deux hommes, ingénieurs fraîchement sortis de l'Ecole polytechnique, arrivent en Egypte en 1799. Membres de la sous-commission qui étudie le régime du Nil et le système d'irrigation, ils se passionnent bien davantage pour les monuments anciens qu'ils découvrent. Sitôt achevé le travail qui leur est imparti, ils se hâtent vers les monuments. Les temples de Dendérah, Esnèh, Edfou, Kom-Ombo, Philae, Louqsor et Karnak, ainsi que Thèbes, l'ancienne Antinoë, érigée par l'empereur romain Hadrien, reprennent vie sous leurs crayons. Avant même le déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François Champollion en 1822, le reportage de Vivant Denon et surtout la partie antique de la Description de l'Egypte, qui demeure encore un livre de référence, donnent naissance à une nouvelle discipline : l'égyptologie, ou étude de l'Egypte ancienne...


  

    Outre les antiquités, les savants traitent de nombreux sujets. Une enquête, intégrée au relevé de la carte de l'Egypte, leur demande de noter le nom arabe des localités visitées, de dénombrer les habitants et les familles, de décrire les occupations des villageois et des citadins. D'autres membres de l'expédition partagent puis évoquent la vie des nomades du désert. Les médecins font l'inventaire des maladies rencontrées dans le pays - trachome, peste bubonique, tétanos, lèpre, fièvre jaune. Les botanistes classifient et dessinent les plantes sauvages et les plantes cultivées. Les minéralogistes étudient les roches et les pétrifications. La politique et l'économie sont également passées au crible. Ces travaux sont exposés par les savants à l'institut d'Egypte, fondé en 1798 par Bonaparte sur le modèle français.




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