Rattrapée par l'hiver lors de sa retraite,
la Grande Armée va être exterminée par le froid.





    En s'engageant, en 1812, contre la Russie, Napoléon fait la preuve des limites de sa puissance militaire. Certes, il s'empare de Moscou, mais il est immédiatement contraint de rebrousser chemin et entraîne la Grande Armée dans le calvaire d'une retraite sans gloire...


    L'épuisante marche des troupes napoléoniennes, décimées par la maladie, la famine et le froid à travers les étendues gelées de la Russie, révèle à l'Europe la décomposition interne de l'Empire...


  

     Le 24 juin 1812, l'armée de Napoléon franchit le Niémen, fleuve séparant les deux empires. Napoléon veut tout de suite battre les russes pour traiter avec eux ; les français doivent attendre d'être arrivés dans la plaine de Borodino pour livrer la première bataille de cette guerre d'usure. Le 7 septembre, près de la rivière Moskova, se livre un terrible affrontement : 30 000 morts parmi les Français, 40 000 chez les Russes, tel est le bilan de cette journée qui, tout en ouvrant à Napoléon la route de Moscou, ne lui permet pas d'imposer la paix au tsar. Sept jours plus tard, les Français contemplent enfin les coupoles de l'ancienne capitale des tsars. Au milieu de ses soldats, Napoléon traverse jusqu'au Kremlin une cité désertée. Dès le lendemain, des colonnes de fumée s'élèvent de différents endroits dans Moscou. Cet incendie, probablement allumé sur l'ordre du gouverneur de la ville, le comte Rostopchine, dure quatre jours. Napoléon, qui s'est replié à une lieue de la ville, rentre dans Moscou sitôt les braises éteintes, pour attendre les propositions de paix russes. Mais son adversaire n'est pas disposé à traiter. Sûr du résultat, le commandement russe a fait courir le bruit que les Français étaient responsables de l'incendie : aussi, dans toute la Russie, les combattants se lèvent-ils pour mener la guerre sainte contre les ennemis. Comprenant qu'il n'obtiendra rien, et comme il a reçu de Paris la nouvelle inquiétante du complot raté du général Malet, Napoléon se résout à donner l'ordre de la retraite, le 19 octobre.



    Les troupes, qui ont tant souffert de la canicule à l'aller, font le chemin inverse alors que l'hiver est déjà installé. Dans les tempêtes de neige, affaiblis par le manque de provisions, la vermine et les maladies, des "spectres", habillés tant bien que mal de vêtements hétéroclites, tâchent péniblement de gagner du terrain. La steppe est jonchée de cadavres, hommes et chevaux morts de froid, de faim et d'épuisement, ou encore massacrés par des unités de cosaques, qui les harcèlent. L'acte le plus héroïque de cette retraite est le passage de la Bérézina, le 28 novembre. Pour traverser l'immense fleuve à demi gelé, les pontonniers du général Eblé, plongés pendant deux jours dans l'eau glacée, parviennent à jeter entre les rives deux ponts, pris d'assaut par les fuyards. 12 000 d'entre eux, des retardataires restés sur la rive est, sont massacrés par les Russes, alors que Napoléon a déjà donné l'ordre de faire sauter les ponts. A la mi-décembre, ce qui reste de la Grande Armée atteint enfin le Niémen. Il ne reste plus que 100 000 soldats sur les 600 000 entrés en Russie. Outre ce bilan catastrophique, l'aventure a prouvé aux nations européennes les failles de la suprématie militaire napoléonienne. Les ultimes campagnes victorieuses du règne ne pourront effacer le spectre de cette déroute dramatique. C'est un ennemi imprévu, le "général Hiver", qui a provoqué le plus grand désastre de l'épopée napoléonienne.




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